L’histoire des salles d’arcade – Partie 2

 

De l’arcade dans le salon au salon dans l’arcade ?

Le milieu des années 90 a vu la sortie des consoles dite 32 bits comme la Saturn de Sega et la Playstation de Sony. Ces 2 machines avaient assez de puissance sous le capot pour rivaliser de près avec la qualité des jeux d’arcade. Un rêve de joueur devenu enfin possible. En effet, les jeux d’arcade sont au cinéma ce que la VHS est aux consoles, c’est à dire de moindre qualité. Le principal attrait des jeux d’arcade était leur avancée technique. Le graphisme, le son et parfois la façon de jouer (volant ou accessoire) n’avait pas vraiment d’équivalence sur les consoles de jeux.

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Pourtant, certains éditeurs n’hésitaient à mettre en avant un jeu d’arcade pour ensuite le commercialiser sur une ou plusieurs consoles de jeux. Le succès étant assuré par la réputation technique du jeu dans sa version « salle d’arcade ». Mais bien souvent, ces conversions étaient bâclées soit à cause des capacités moindres de la console, soit volontairement pour ne pas cannibaliser la version en salle d’arcade. Ce fut le cas par exemple de Final Fight jeu de combat de rue de Capcom remportant un franc succès au début des années 90. Ce titre fut également le fer de lance de la commercialisation de la Super Nintendo. La presse de l’époque n’avait pas apprécié cette conversion faite à la va-vite et amputée de tout ce qui faisait le charme du jeu. La Super Nintendo était pourtant capable d'offrir une version identique au système sur lequel tournait ce jeu.

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^Final Fight version Arcade (CPS-1)^
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^ Final Fight version Mega-CD --- Final Fight version Super NES ^

Plus tard, Capcom se rattrapera en proposant une conversion quasi parfaite du très célèbre hit Street Fighter II et fit un carton en terme de vente. Le jeu fut ensuite décliné sur de nombreuses machines y compris celles qui étaient inférieures techniquement à la version originale en arcade. Mais le tour de force de Capcom avait été celui de vendre une conversion identique à 100 € sur console alors que la carte d’arcade de Street Fighter II se monnayait entre 1000 et 1500 € chez les professionnels.

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^Carte originale CPS-1 de Street Fighter II^
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^ Streer Fighter II Super NES --- Streer Fighter II CoreGrafx ^

Cet épisode marqua un tournant important dans la vision des joueurs face à l’avancée technique des jeux d’arcade. L’argument premier d’une conversion arcade vers des consoles était la fidélité de celle-ci, et certains éditeurs comme Konami, Midway ou SNK n’hésitaient pas à concéder des licences à des studios tiers pour convertir leurs hits passés et présents sur console. Le résultat étant proportionnel à la compétence du sous traitant. Takara par exemple était spécialisé dans les conversions bâclées des titres SNK, sa spécialité était aussi de transformer un bon jeu en mauvais jeu.

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^ Fatal Fury 1 Neo.Geo --- Fatal Fury 1 Super NES ^

C’est ainsi que de fil en aiguille l’arcade et le jeu vidéo grand public ont finis par définitivement fusionner. Les coûts de développement devenant de plus en plus élevés et la fréquentation de moins en moins bonne, de nombreux studios décidèrent de migrer vers des plateformes d’arcade standard afin de réduire les coûts de recherche et développement dans un système de jeu unique. La frontière de l’avancée technologique des jeux d’arcade face aux consoles s’estompant, cet argument autrefois valable allait devenir un outil marketing.

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^ Le système Triforce, la version arcade du Gamecube ^

Pour cela, les studios de développement allaient migrer vers des systèmes d’un nouveau genre : des consoles grand public modifiées pour être exploitables dans les salles d’arcade. Ironie du sort quand SNK commercialisa son système Neogeo MVS, il décida également de concevoir une console basée sur cette architecture avec comme argument « l’arcade à la maison ». Les dirigeants de SNK ne savaient pas que 5 ans plus tard la situation serait totalement inversée.

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^ Le système Chihiro, la version arcade de la XBox - Le système 573, la version arcade de la Playstation 1 ^

Aujourd’hui, il n’existe presque plus de systèmes d’arcade spécifiques à un jeu. D’abord à cause de la disparition de ce loisir. Mais aussi, du coût de développement faramineux de tels systèmes, et puis aussi parce que l’expérience de programmation d’une carte spécifique est moins sûre que celle d’une architecture déjà bien rodée. C’est pourquoi le système MVS de SNK, malgré son grand âge technologique a su s’imposer durant toutes ces années, l’expérience de son architecture, coups de développement faible et une très grande diffusion. Les systèmes uniques s’échangent aujourd’hui a prix d’or parmi les collectionneurs.

Fin de la 2ème partie

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